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Séminaire interne d’équipe

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Ce séminaire interne a été mis en place dès la création de l’équipe « Anthropologie et politiques de la nature » en 2014. Il se veut un espace convivial de discussion des travaux menés au sein de l’équipe et dans le petit réseau de chercheurs qui se reconnaît dans son projet. Il vise à créer de l’interconnaissance au sein de l’équipe et son réseau ; à aider les jeunes (et moins jeunes) chercheurs à publier (discussions de manuscrits en cours) ; à explorer collectivement les thèmes et débats émergents dans notre champ de recherche (séances de lecture d’articles). Il offre également la possibilité aux chercheurs extérieurs qui souhaitent se rapprocher de nous, de présenter leurs recherches. Sa programmation s’élabore au fur et à mesure, au gré des propositions. Nous essayons de garder une fréquence mensuelle. Depuis septembre 2016, Léo Mariani s’est associé à son organisation.

Nous écrire :
- elise.demeulenaere-AT-mnhn.fr
- leo.mariani-AT-ulg.ac.be

2ème semestre 2014

- 26 mars 2014 - Birgit Müller, CR au LAIOS (CNRS-EHESS) et associée à l’équipe, et Elise Demeulenaere  : présentation du numéro thématique de la revue Focaal : Seeds — Grown, Governed and Contested, coordonné par Birgit, dans lequel nous mobilisons respectivement les concepts d’ontic et d’ ontologie. Discussion sur nos divergences d’approche.

- 9 avril 2014 - Séance de préparation du séminaire Gouverner le vivant du 11 avril avec Paige West sur le thème « Ontologies as emergent : Indigenous philosophical propositions concerning the past, the present, and possible futures »

- 21 mai 2014 - Denis Chartier, géographe MCF université d’Orléans, en délégation CNRS dans l’UMR : présentation d’un chapitre en cours (avec Estienne Rodary) « Globaliser l’écologie politique française : une nécessité politique » (paru ici)

- 5 mai 2014 - Séance de lecture de textes sur le Buen vivir

- 18 juin 2014 - Sandrine Dupé, doctorante dans l’UMR, présentation d’un article en cours, « Transformer pour contrôler. Humains et moustiques à La Réunion, à l’ère de la biosécurité » (paru ici)

La lutte contre les moustiques vecteurs de maladies a longtemps été basée sur l’usage des insecticides. Mais les résistances qu’ils provoquent chez les moustiques et leurs effets sur l’environnement remettent en question leur utilisation systématique. La prise en considération de ces limites marque un tournant dans les politiques de santé publique. Elle inscrit la lutte contre les moustiques dans un régime biosécuritaire. L’étude comparée de deux techniques de lutte déployées à La Réunion pour limiter l’usage des insecticides permet de penser les effets de l’abandon des insecticides. Deux choses seront observées : la déstabilisation des représentations et pratiques induite par la mise au ban des insecticides, et les ressorts politiques, axiologiques et technoscientifiques sur lesquels s’appuient les acteurs de la santé publique (opérateurs et experts) pour impulser cette transformation biosécuritaire.

2014-2015

- 29 oct. 2014 - Valérie Boidron (associée à l’équipe), présentation de son projet de recherche sur la diversité des cépages viticoles.

- 3 déc. 2014 - Igor Babou, professeur à l’Université de la Réunion, associé à l’équipe - « Savoirs, nature et cultures dans les parcs naturels habités - Cas du Parc national des pitons, cirques et remparts de l’île de La Réunion »

- 14 janv. 2015 - Alix Levain, ancienne doctorante de l’UMR (thèse soutenue en 2014 sur l’algue verte, encadrée par Marie Roué et Marc Barbier), actuellement post-doctorante au Lisis - présentation d’un projet de recherche autour d’une socio-anthropologie des changements environnementaux sur les zones côtières.

- 18 mars 2015 - Pablo Dominguez, post-doctorant University College / Laboratorio d’etno-ecologia, Universitat Autonoma de Barcelona - présentation d’un projet de recherche, « Pour une éco-anthropologie pour l’étude des systèmes de gestion communautaire des ressources naturelles et leur potentiel de patrimonialisation »

- 8 avril 2015 - Marine Legrand, ancienne doctorante du CESCO, présentation d’un projet d’article : « Apprentissages et adaptations réciproques. Accueillir les oiseaux migrateurs dans les parcs urbains ».

- 13 mai 2015 - Ana Carolina Pires Miranda, doctorante brésilienne en accueil dans l’UMR : « Construction des dispositifs légaux et des agents en litige : le débat sur le nouveau code forestier brésilien ».

- 10 juin 2015 - Florence Revelin, ancienne doctorante de l’UMR, présentation d’un article en cours : « Le Naturum de Laponia : cultiver un nouveau regard sur la nature et sa conservation » (paru ici)

Cet article examine comment le centre de visite Naturum est devenu un espace politique où se sont négociées la reconnaissance et la mise en scène de la dimension culturelle de Laponia.

2015-2016

- 20 nov. 2015 - Léo Mariani, post-doctorant au Laboratoire d’anthropologie sociale et culturelle (Université de Liège) : présentation de ses recherches dans le cadre d’une demande d’association à l’équipe « Comment se matérialisent des abstractions ? La "nature" de l’odeur et la "culture" du goût à partir de l’exemple du durian ».

- 17 déc. 2015 - Marieke Blondet, ATER en Anthropologie de la conservation dans l’UMR : présentation d’un projet de recherche

- 14 jan. 2016 - Séance collective avec des contribution de Germain Meulemans, Vincent Leblan, Marine Legrand, Igor Babou : « Humains – non-humains – Comment/ pourquoi symétriser l’anthropologie »

- 15 mars 2016 - Eduardo di Deus, doctorant sous la direction de Carlos Sautchuk, Universidade de Brasília - UnB, Departamento de Antropologia, en accueil dans l’UMR : « Les saigneurs de caoutchouc à Sao Paulo, Brésil - Technique et travail dans les plantations d’Hévéa ».

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- 21 avril 2016 - Emilie Stoll, post-doctorante dans l’UMR Paloc : « Etude ethnographique des saillances paysagères »

- 3 mai 2016Julien Blanc, MCM dans l’UMR : Sur les modalités d’insertion des agricultures « biodynamique » (R. Steiner) et « naturelle » (M. Okada) au Brésil : réflexions sur la construction « d’objets de recherche » (recherche en cours).

- 20 mai 2016 - Elise Demeulenaere, présentation d’un article en cours, « Les terrains globalisés de l’inscription d’un Paysage culturel. Patrimoine mondial et bioculturalité en Éthiopie » (paru ici).

Cet article prend pour entrée l’étude de la trajectoire de l’inscription d’un site éthiopien sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, pour éclairer certains aspects des dynamiques contemporaines de la globalisation et apporter une contribution méthodologique à son étude. La première partie expose les étapes de l’inscription du Paysage culturel konso, 9e bien inscrit sur la Liste l’UNESCO en Éthiopie. Elle est suivie d’une analyse éclairant cette inscription comme le résultat de la circulation globale et de la coalescence de plusieurs « projets » fondés sur la valorisation de la diversité culturelle. L’examen des circulations et idéologies de leurs promoteurs fait ressortir le rôle prépondérant d’une élite caractérisée à la fois par sa mobilité internationale, et sa rhétorique valorisant le local et l’autochtonie, au point de faire disparaître les acteurs mêmes au nom de qui elle parle. Ces observations appellent à de nouvelles précautions dans l’usage des échelles (globales, locales) en anthropologie.

2016-2017

- 21 sept. 2016 - Léo Mariani, chercheur associé à l’équipe, présentation d’un texte en cours

- 9 nov. 2016 - Marion Ernwein, post-doctorante à Oxford University, School of Geography and the Environment : « Politiques de la nature : le travail des affects »

Alors que ce que certain-e-s nomment le « tournant affectif » semble s’être diffusé à l’ensemble des sciences sociales, cette présentation explore son impact sur le vaste champ de l’écologie politique. Elle met en lumière quatre modalités de traitement des affects dans ce champ et explore leurs héritages épistémologiques respectifs : a) rôle des émotions dans les conflits environnementaux et les pratiques environnementalistes, b) passions cognitives, capacités affectives et appréhension du rôle de l’expérience incarnée dans les processus de production de savoirs sur l’environnement, c) écologie politique du corps, d) écologie politique des affects plus-qu’humains. Je propose d’ouvrir un champ de recherche sur le travail des affects, autour de trois axes : a) affects et recompositions du travail environnemental, b) comment les technologies affectives travaillent les subjectivités environnementales, et c) travail affectif des non-humains.

- 1er déc. 2016 - Ingrid Hall, professeure adjointe au Département d’anthropologie, Université de Montréal : « Proposer un “patrimoine bio-culturel” pour forger un droit sui generis pour les pommes de terre natives péruviennes ».

Le régime juridique international en matière de ressources végétales articule autour de différents types de droits puisant d’une part dans le droit privé inspiré par le secteur industriel, et d’autre part dans le droit public avec la notion de patrimoine de l’humanité (Thomas, Boisvert 2015). Actuellement, les variétés « natives » (landraces), sont ainsi traitées comme un bien public et les Groupes consultatifs pour la recherche agricole internationale (CGIAR) et les banques de germoplasme qu’ils hébergent ont pour mission de les conserver et de les mettre à disposition pour la recherche et la mise au point de nouvelles variétés. Malgré les efforts à l’international (CDB, TIRPAA), la mise en place d’un régime juridique sui generis reste un objectif difficile à atteindre (Bonneuil 2015). Dans ce cadre, le cas du Pérou et du Parc de la pomme de terre de Pisac apparaissent particulièrement intéressants. En effet si le Pérou, pays mégadivers, souhaite dynamiser le secteur agro-industriel et a signé le traité UPOV, il a également été mis en place un cadre légal spécifique pour la reconnaissance des droits et savoirs des communautés indigènes (Nemogá-Soto 2013 ; Filoche 2009). Le travail réalisé par une ONG locale dans le Parc de la pomme de terre vise justement à la création d’un régime juridique sui generis pour les variétés natives. Pour se faire, le concept de « patrimoine bioculturel indigène » est mis en avant. Nous proposons dans cette intervention d’analyser la façon dont les registres de la culture et de la nature sont effectivement pris en compte dans la constitution des registres des savoirs des paysans du Parc de la pomme de terre. Nous porterons une attention toute particulière aux influences du droit et des conceptions communément admises de la culture et présenterons la façon dont les arguments bioculturels sont mobilisés lors de différents évènements.

- 17 janvier 2017 - Hélène Artaud, MCM dans l’UMR, « Mètis et leurres : une « appropriation » ambivalente de la nature maritime »

Le leurre occupe une place à part dans les dispositifs de chasse et de pêche. Irréductible à une lecture strictement technique, il ne peut davantage s’épuiser dans une analyse cynégétique. Pour en comprendre l’originalité et la profondeur, il convient d’en interroger les soubassements sensibles et ontologiques. C’est sur la base d’observations de terrain, et d’exemples comparatifs issus d’un répertoire ethnographique essentiellement consacré à la mer , que je montrerai la façon dont la « nature » maritime y est mobilisée, perçue et appropriée.

- 23 février 2017 - François Léger, ingénieur INRA associé à l’UMR, « Ce que valent les savoirs écologiques paysans »

Les systèmes agricoles alternatifs (agriculture(s) paysanne(s), agriculture biologique, biodynamie, agriculture naturelle, permaculture etc.) imposent une forme d’intelligence écologique particulière, alors qu’une telle intelligence est sinon niée, tout au moins très négligée par les prescripteurs de l’agriculture industrielle.Mais que recouvre cette intelligence ? Comment la partager et la transmettre ? Et avec qui ? Ce sont là des enjeux essentiels pour les individus et les mouvements porteurs de ces alternatives. Comment, derrière les gestes et les pratiques, dévoiler les savoirs qui les fondent et les mettre en débat ? Des savoirs qui sont pour les fermiers le produit de leur incorporation dans la situation singulière de leur ferme tout autant que de l’incorporation de cette ferme, écosystème géré pour un profit matériel concret, dans une lecture du monde qu’ils estiment juste et qu’il entendent partager avec d’autres qui ne sont plus seulement des consommateurs ou des clients mais les membres d’une même communauté structurée par cette lecture. Partir des gestes pour interroger les savoirs et ce qu’ils valent pour leurs utilités techniques autant que pour leurs utilités culturelles et sociales (le terme est ici bien entendu provocateur), pour les fermiers autant que pour la communauté dont ils se réclament, tel est l’ambition du programme "Savoirs écologiques en Maraîchage Biologique" (SEMBIO), qui associe chercheurs, maraîchers, membres des réseaux qui leurs sont associés.