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PAVARD Samuel

MNHN, Musée de l’Homme, 17 Place du Trocadéro

par Pavard Samuel - publié le , mis à jour le

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Statut : Enseignant-chercheur, MNHN

Contact : samuel.pavard@mnhn.fr

Équipe de recherche : Anthropologie évolutive

Recherche

Je m’intéresse à l’évolution des traits démographiques (aussi appelé traits d’histoire de vie en écologie) et de la socialité, principalement chez l’humain. Plus précisément, je cherche à comprendre les déterminants biologiques et culturels des traits démographiques ; comment ceux-ci varient dans le temps et entre les populations ; comment ces traits démographiques déterminent la dynamique de la population dans son ensemble et constituent ainsi le théâtre écologique dans lequel les forces de l’évolution opèrent (mutation, migration, sélection et dérive génétique) ; comment ces traits démographiques ont évolué au cours de l’histoire de notre espèce. Plus précisément, mes recherches s’articulent actuellement autour de trois axes :

1. Coévolution des traits démographiques et de la socialité chez l’humain : le cas de l’investissement parental et grand parental - L’évolution des traits d’histoire de vie de notre espèce est indissociable de l’évolution des comportements sociaux dont dépendent la survie et la reproduction des individus. L’investissement (grand) maternel dans la survie des (petits) enfants ont par exemple été invoqués pour expliquer l’émergence de la ménopause dans notre espèce. Nous avons par exemple montré en quoi l’atricialité de l’enfant humain, ayant probablement résulté de l’acquisition de la bipédie, pourrait expliquer l’émergence de certains traits d’histoire de vie propre à notre espèce, telles que la capacité des femmes humaines à mettre au monde un grand nombre d’enfants sur une période reproductive très courte ainsi que notre exceptionnelle longévité.

2. Evolution de la sénescence – En démographie la sénescence actuarielle est définie comme l’augmentation de la mortalité avec l’âge. Les théories évolutive de la sénescence cherchent à expliquer pourquoi vieillit-on, et quels sont les facteurs expliquant la vitesse à laquelle nous vieillissons ; que ces derniers soient mécanistes comme l’accumulation de dommages irréversibles avec l’âge (accumulation d’espèces activées de l’oxygène, réduction des télomères, accumulation de mutations somatiques) ou évolutifs (accumulation neutre ou positivement sélectionné de mutation germinales impliquées dans la mortalité aux grands âges). Dans ce cadre, je m’intéresse à estimer la force de la sélection sur les allèles entraînant une susceptibilité génétique à des maladies survenant en fin de vie féconde ou au-delà en prenant en compte des phénomènes généralement négligés par les modèles classiques d’évolution de la sénescence ; qu’ils soient génétiques (ex. distribution en fréquence des mutations) ; épidémiologiques (ex. pénétrance de la maladie par âge) , comportementaux/culturels (ex. investissement parental ; polygamie ; taux de divorce, etc.).

3. ANR Sogen - Des structures sociales aux structures génétiques : une approche génomique en Asie du Sud-Est . Je suis impliqué à raison de 33% de mon temps de travail dans ce projet de recherche mené par le Dr. Raphaëlle Chaix (UMR 7206 Eco-anthropologie). Dans l’espèce humaine, l’évolution n’est pas seulement biologique mais aussi culturelle : les hommes inventent de nouvelles technologies, modifient leur régime alimentaire, régulent leur natalité, mettent en place des organisations sociales complexes, etc. Parmi ces traits culturels, l’organisation sociale intéresse particulièrement les biologistes car elle conditionne quand, où et avec qui les individus se reproduisent et élèvent leurs enfants. L’organisation sociale est de ce fait un facteur clé influençant la transmission des gènes à la génération suivante ainsi que leur dispersion entre et au sein des populations. Les ethnologues ont décrit la complexité des organisations sociales : règles d’alliance (qui déterminent le choix d’un conjoint), règles de descendance (qui rallient les individus à des groupes de parenté) et règles de résidence (qui indiquent où les jeunes mariés doivent s’installer). L’objectif de ce projet est de comprendre en quoi l’organisation sociale influence les traits démographiques et la diversité génétique des populations humaines. Depuis trois ans, nous avons récolté des données génétiques (salive), démographiques et ethnologiques dans 13 populations du Cambodge et du Laos présentant une gamme variée d’organisations sociales (populations à filiation patrilinéaire, matrilinéaire et cognatique avec des degrés d’endogamie et des règles de résidence variables). Ces données vont nous permettre i) d’explorer l’impact de l’organisation sociale sur la diversité génomique neutre, ii) d’explorer quels traits démographiques (fertilité, survie, migration) sont les plus affectés par l’organisation sociale, et iii) de développer de nouveaux outils méthodologiques pour l’éthnogénétique permettant d’analyser certains aspects des organisations sociales actuelles et passées.