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Journées d’étude « Gouvernance et environnement dans le Brésil contemporain »

publié le

18 et 19 janvier 2016, Musée de l’Homme, Paris

Dans le cadre du programme mobilité international Argentine/Brésil de l’Université Sorbonne Paris Cité, un séminaire de recherche intitulé « gouvernance environnementale, perspective franco-Brésiliennes » a été mis en place. Il a tenu une première manifestation les 10 et 11 septembre à Sao Luiz au Brésil. L’objectif était double :

  1. prendre précisément connaissance des travaux et réflexions que mènent les différents partenaires du programmes sur le thème de la « gouvernance environnementale » ;
  2. offrir ces réflexions à un public sélectionné (de chercheurs, de doctorants et d’étudiants de Master), car directement concerné par cette thématique. Il ne s’agissait cependant pas d’organiser un colloque, mais bien un espace de réflexion et de construction problématique conjointe, qui puisse dans le même temps être accessible à d’autres chercheurs et apprentis-chercheurs.

Programme

Objet des journées d’études

Ce séminaire se consacre essentiellement à la manière dont les dynamiques territoriales sont concernées, remodelées, transformées, par la mise en œuvre d’instruments formels de gouvernance environnementale. Par instruments formels de gouvernance territoriale, nous entendons tous les dispositifs d’action collective qui visent à répondre à des enjeux environnementaux (biodiversité, eau, qualité de l’air, etc.) en s’appuyant sur des principes de « bonne gouvernance ». De tels instruments se sont multipliés ces dernières décennies et prennent aujourd’hui des formes très diverses. Ils peuvent être directement conçus pour opérer à l’échelle locale (aires protégées, agenda 21) ou renvoyer à l’opposé à des dispositifs de régulation globale (marchés de droits à polluer, conventions internationales). Dans ces conditions, il nous parait crucial d’explorer plus avant la manière dont ces instruments, génériques par nature et conçus dans des arènes nationales ou internationales, entrent en dialogue avec des contextes (et donc à la fois des arrangements et des enjeux) sociaux politiques et économiques bien particuliers : comment prennent-ils forme (et sens) à l’échelle du « local » ?

Interroger de la sorte la gouvernance environnementale, c’est :

1) Considérer que les dispositifs formels s’en revendiquant génèrent tout autant qu’ils cristallisent des enjeux sociaux, politiques et économiques qui les dépassent largement : ils ont une emprise qui va bien au-delà de celle qu’ils s’imputent, ne faisant pas uniquement - et de manière procédurale – que répondre aux besoins pour lesquels ils auraient été créés (résoudre les problèmes d’environnement). .
2) S’accorder sur le fait que le local n’existe pas « en soi » mais qu’il est en permanence renégocié, produit d’une réélaboration continue de forces qui le traversent et l’englobent (Kilani, 2012). Par conséquent, interroger la manière dont des instruments de gouvernance environnementale prennent formes (et sens) à l’échelle du local consiste notamment à analyser la manière dont ils contribuent à redéfinir les lieux et les territoires où ils ont prise et où se jouent les réponses politiques et pratiques à l’imbrication des crises de natures écologique, sociale et économique.

Programme

Notre réflexion s’articule autour de quatre axes :

Un premier axe centré sur l’analyse des déplacements de rapports de pouvoir entre acteurs que permet ou provoque, localement, la mobilisation de ces dispositifs. Il s’agit de produire une analyse de leurs formes différenciées d’appropriation, mais également des tentatives de contournement dont ils sont à l’origine. Ce travail nous permettra d’éclairer la manière dont ces dispositifs contribuent à redessiner localement de nouvelles légitimités, de nouvelles identités, de nouveaux rapports de force sur les territoires où ils sont mobilisés.
Un deuxième axe centré sur la production d’action collective et d’ « innovation sociale ». A quelles expérimentations en matière de concertation et de pratiques délibératives ces instruments sont-ils à l’origine localement ? En quelle mesure, dans le cadre d’arènes territorialisées, les procédures propres à ces dispositifs permettent-elles à des acteurs aux trajectoires et statuts sociaux différenciés de défendre leurs intérêts et leurs droits, de faire reconnaitre la pertinence de leurs savoirs sur la nature ?

Un troisième axe abordera plus spécifiquement la question en termes de recompositions de l’action publique. Il interrogera en particulier comment l’Etat (et en son sein, certaines de ses composantes, décentralisées notamment) se saisit de ces dispositifs pour tenter de réarticuler à la fois les différents niveaux auxquels se construit l’action publique et la participation de la société civile organisée et des agents économiques ?

Un dernier axe, largement transversal, proposera une analyse de la production des normes environnementales. Si ces instruments visent à la mise en œuvre de « bonnes pratiques sur la nature » et sont en cela prescriptifs et normatifs, comment prennent-ils en compte les contextes locaux ? Quelles marges de manœuvre offrent-t-ils aux acteurs locaux et, réciproquement, comment ceux-ci sont-ils en mesure de produire de telles marges de manœuvre ? Comment opèrent, localement, ces aménagements de la norme ? Précisons que si dans un objectif de clarté de la démarche analytique et d’organisation de la recherche, nous avons décliné nos objectifs généraux en plusieurs axes, ces derniers restent fondamentalement enchâssés. C’est bien l’articulation de l’ensemble de ces dimensions qui nous permettra d’éclairer les processus sociaux à l’œuvre dans toute leur complexité.

Programme

Post-scriptum :

Organisation
Julien Blanc, Maître de Conférences du Museum national d’Histoire naturelle
Philippe Plas, Maître de Conférences à l’Université Paris 13

Financement et Appui

  • La COMUE Sorbonne Paris Cité/ Programme « mobilité international Argentine/Brésil »
  • Le Museum national d’Histoire naturelle et l’Université Paris 7 / UMR Eco-anthropologie et Ethnobiologie
  • L’Université Paris 13 / Centre de Recherche sur l’Action Locale (CERAL)

Date et Lieu 18 et 19 janvier 2016 au Musée de l’Homme, Paris